Le « Springsteen paradox » pour les nuls

Bien peu actif ces temps-ci, l’auteur de ce blog reprend l’antenne pour un flash spécial. Son objet : vous recommander un article mis en ligne le 8 décembre sur le site de CNN et titré : The ‘Springsteen paradox’ that explains why Trump won Michigan. Un must read !

 

brucerollingstone2016-700x951

Son auteur, Michael Luongo, né à Freehold (une localité du New Jersey dont le nom devrait faire « sonner une cloche » dans votre esprit si vous êtes un habitué de ce blog) est professeur à l’université d’Ann Arbor dans le Michigan, écrivain et journaliste. Il explique ainsi le ‘Springsteen paradox’ :

Call it the « Springsteen paradox »: Coastal elites (and their Midwestern contemporaries) who might pay hundreds of dollars to see the famous singer perform his songs of working-class life have lost touch with the very people whose lives populate his ballads. In fact, the disconnect cuts both ways. Many of the very people Springsteen immortalized have now tuned out the Boss, who campaigned hard for Clinton, because of his politics.

 

A l’appui de sa thèse, Michael Luongo souligne (ce qui avait échappé à nos radars) que le comté du hometown de Bruce Springsteen (qui se trouve être aussi le sien) a voté largement en faveur de Donald Trump lors de l’élection présidentielle de novembre :

Though New Jersey went for Clinton, voters in Monmouth County, where Freehold is, chose Trump by a very comfortable 53% to 42% for Clinton.

Au-delà du constat, Michael Luongo dénonce (comme beaucoup le font aussi de ce côté-ci de l’Atlantique) l’abandon de la classe ouvrière par les partis et intellectuels de gauche (ou du moins une partie d’entre eux). Encore un extrait :

In the Internet age, it’s easy for those of us who never interact with blue-collar workers to ignore how seemingly simple things we do harm them in ways invisible to us. Journalists are as culpable as anyone. Despite our own industry’s instability, we celebrate the disruptions of Uber, Airbnb and other apps that can lead to the loss of thousands of jobs, replacing them with precarious piecemeal work and leapfrogging over decades of progressive worker-protection legislation hard won by unions and community planning regulations meant to keep neighborhoods affordable for the working class.

 

Une réflexion dont on notera qu’elle rejoint largement celle de Bruce Springsteen himself dans son interview pré-électorale à Rolling Stone.

 

Je crois que de ne pas avoir évoqué le coût réel de la désindustrialisation et de la mondialisation qui ont transformé les États-Unis, au cours des 35-40 dernières années, est un tort, tout comme le fait de ne pas avoir évalué à quel point cela a profondément changé la vie des gens touchés par la crise. Pareil pour ceux qui ont été blessés par ceux qui leur avaient laissé croire qu’ils avaient une solution. Et Trump donne des réponses simplistes et même fallacieuses à des problèmes très complexes. Cela peut sembler très attrayant pour certains.

Dur, dur décidément d’être un working class hero… Et vous, que pensez-vous de cet article ? Vos avis sont les bienvenus…

 

246 thoughts on “Le « Springsteen paradox » pour les nuls”

  1. Salut Laurent
    Michka ASSAYAS consacre sa semaine de very good trip au boss sur france inter.
    Si tu as des commentaires, je suis preneur
    salutations

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s