« The Promise » : un film qui promet…

Fabrice a eu l’extrême chance d’assister à l’une des projections de The Promise lors du Festival du film de Toronto. Voici son compte-rendu… qui nous donne hâte d’être le 16 novembre, date de sa sortie en DVD et Blu-ray dans le coffret Darkness on the edge of town.


C’était donc une journée cinéma et rock que ce samedi 18 septembre. Ca commençait bien puisque en allant chercher ma place pour la projection du soir (The Promise), j’étais invité à profiter de la première du film canadien Trigger. Ticket gratuit en main, je file dans la salle pour projection imminente et je découvre que le film traite des retrouvailles de deux femmes, ex- d’un groupe de punk-rock, et qui passe une soirée à essayer de redonner vie à leur relation au travers d’une odyssée nocturne dans le milieu rock torontois. Malgré les incontournables clichés du genre, les addictions, les affres de la célébrité, un film assez émouvant et porté par deux très belles interprétations féminines. Voilà pour la part 1 du cinéma et rock…

C’est la part 2 que tout le monde attend. Donc, on y va. Première impression, c’est amusant de retrouver dans la file d’attente d’un cinéma l’excitation qui précède habituellement un show.. Ça bruisse de questions sur la « set list », on entend et on reconnaît le fan pointilleux qui va reconnaître tous les inédits, on sait qui un peu néophyte, on soupçonne ceux qui ont déjà vu la chose de vouloir garder – pour quelques minutes – le mystère et le privilège des précurseurs. Bref, tout comme un show de début de tournée -avant que l’on ait lu 50 set-lists, entendus des douzaines de boots et perdu la vue sur des vidéos pixelisés tournées sur un portables et qui vous file le mal de mer sur youtube.

Toc, on y est. Ça va commencer à l’heure. Après le petit speech qui vous prévient qu’il est interdit de filmer, de photographier ou d’enregistrer.. et de la présence de « night vision guys ». James Bond est dans la salle. On va se tenir à carreaux (ne pas insérer de blague ou de photos sur les chemises). Ca commence par vous dire que la projection est numérique. L’image sera donc aussi propre qu’elle devrait l’être avec un lecteur Blu-ray.

D’entrée, vous êtes plongés dans l’ambiance de studio de 77/78, les accords de Promised land vous accrochent l’oreille et c’est parti pour 85 mins dans l’univers de Darkness on the edge of town. L’expérience qui va suivre tient plus du voyage que du « making-off ». Les images du désert (un peu comme celle de la pochette du double CD The Promise) reviennent à plusieurs reprises. Elles traduisent bien l’idée d’un périple dans les paysages créatifs du Springsteen de 78 : aride, brutal, peuplé de spectres mais l’immensité (sortie des paysages urbains de Born To Run et entrée dans les paysages classiques de l’Amérique de John Ford).

Je crois qu’il est bon de signaler que si ce film repose sur des ressources (images en noir blanc de la caméra vidéo de Barry Rebo, quelques séquences lives, des interviews récentes des acteurs – le ESB au complet, Landau, Springsteen, Iovine, Plotckin et Scott) et une idée très proches de Wings for Wheels, les résultats sont assez différents.

Il me semble que dans le docu sur BTR, il y avait la volonté de retracer avec précision l’itinéraire de certaines chansons (Jungleland, BTR..) et sur le processus d’enregistrement en lui-même. Il y avait une dimension de documentaire musicologique qui me semble moins présente dans The Promise. Bien sûr, on y parle beaucoup de musique -évidemment- mais pas de la même façon. La narration de The Promise est plus éclaté, plus impressionnistee que celle de Wings for Wheels. Un exemple : le procès Springsteen/Appel est bien sur discuté. Mais on en apprend plus par l’utilisation d’une version d’époque de la chanson des Animals, reprise par Bruce en 1976 à Red Bank. Quelle intensité, quelle force dans cette version! Tout est dit sur ce qui sépare Springsteen et Appel à ce moment-là. Autre moment lumineux – pour moi qui n’étais pas très convaincu par le mix de l’album – l’interview de C. Plotckin qui explique brillamment comment le son de l’album vient de son interprétation des métaphores de Springsteen. Ceci dit, les anecdotes de studio font au rendez-vous dont celle qui concerne Max Weinberg et son « stick ». De même, les deux processus d’enregistrement de BTR et Darkness – quoique différents – ont en commun de dévoiler le caractère obsessif de Springsteen en studio -du moins à l’époque.

Pour donner quelques détails : les extraits musicaux sont en général assez courts (pour la musique, il faudra aller du côté des CDs et des autres DVDs). Les extraits de Red Bank 76 (It’s my life et Tenth avenue) font saliver (il faudra que ça sorte ce truc). Deux extraits de Houston, Prove it all night et Promised land, la qualité d’image est correcte (je croyais voir une excellent copie VHS de Largo 78), mais loin de la HD. Le film se conclut sur la version 2009 de Darkness : très convaincant ! Pas de Nils Lofgren, pas de Patti, mais bien Charlie Giordano à l’orgue. Non seulement, il n’y a pas de public, mais la réalisation montre une salle remplie d’équipement, d’amplis, etc. Un peu comme si l’envers du décor avait remplacé le public (essai de distanciation brechtienn e?).

J’ai passé un très bon moment (en fait première fois que je voyais Springsteen au ciné), vu un film convaincant. Bref, j’ai envie de voir la suite… du coffret.

PS: à propos de suite, deux rumeurs circulaient dans la file d’attente.

1. tournée solo à venir pour soutenir le coffret/et ou un nouvel album solo.

2. reformation du groupe des Seeger sessions pour album et tournée.

Les deux pouvant se décanter assez vite en 2011. E St Band en 2012.

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