« We Take Care Of Our Own », un manifeste politique signé Bruce Springsteen

Nous nous occupons de nos affaires ? Nous nous prenons en charge ? Nous prenons soin des nôtres ? Le titre du nouveau single de Bruce Springsteen, We Take Care Of Our Own, n’est pas simple à traduire en français.

En tout cas, comme le relève le site de la radio publique NPR, cette chanson sonne comme un manifeste politique, dans l’esprit du mouvement Occupy Wall Street. Quand il parle des coeurs généreux transformés en pierre (good hearts turned to stone), ou de la route des bonnes intentions devenue sèche comme un os (The road of good intentions has gone dry as a bone), Bruce Springsteen dresse d’abord un bilan critique des espoirs  placés en Barack Obama, dont il fut l’un des plus efficaces soutiens lors de sa campagne de 2007-2008.

Mais We Take Care Of Our Own est surtout un portrait sans concessions d’une Amérique terrassée (plus encore que la France) par la crise économique :
There ain’t no help

The calvary’s stayed home.

Pour autant, Bruce Springsteen ne baisse pas les bras, car cette chanson est aussi et surtout un appel pour que chacun prenne son destin et retrouve ainsi le chemin de ces valeurs aujourd’hui bafouées comme l’amour, le travail, l’esprit ou la promesse du rêve américain : the promise from sea to shining sea. Une façon pour Bruce Springsteen de se situer dans la continuité de son album précédent, The Promise, mais surtout une référence à l’hymne patriotique America The Beautiful, qui se termine par ces paroles :

America! America!
God shed His grace on thee,
And crown thy good with brotherhood
From sea to shining sea.

Avec We Take Care Of Our Own, Bruce Springsteen se veut donc le porte-drapeau (au sens propre : Wherever this flag is flown) d’une autre Amérique, attachée aux valeurs de justice et d’égalité. Une chanson patriotique (voir ici l’article du LA Times) au meilleur sens du terme, comme This Land Is Your Land de Woody Guthrie (en quelque sorte un America The Beautiful de gauche), que Bruce Springsteen reprend souvent sur scène.

Cette chanson peut aussi se lire comme un appel au Président Obama pour qu’il retrouve l’esprit du candidat Barack, ainsi que l’explique un article de The Atlantic Wire.

Alors, face à la force de ce court texte, on oubliera que sur le plan musical, We Take Care Of Our Own reste loin des meilleures compositions de Bruce Springsteen, même si le son (surproduit, comme sur Magic et Working On A Dream) tente de recréer la magie du Wall of sound de Phil Spector…

Ci-dessous, le texte intégral :

We Take Care of Our Own

I’ve been knocking on the door that holds the throne.
I’ve been looking for the map that leads me home.
I’ve been stumbling on good hearts turned to stone.
The road of good intentions has gone dry as a bone.

We take care of our own…
We take care of our own.
Wherever this flag’s flown.
We take care of our own.

From Chicago to New Orleans
From the muscle to the bone.
From the shotgun shack to the Superdome.

There ain’t no help
The calvary’s stayed home
There ain’t no one hearing the bugle blown.

We take care of our own…
We take care of our own.
Wherever this flag’s flown.
We take care of our own.

Where are the eyes, the eyes with the will to see?
Where are the hearts that run over with mercy?
Where’s the love that has not forsaken me?
Where’s the work that will set my hands,my soul free?
Where’s the spirit that will reign, rain over me
Where’s the promise from sea to shining sea…
Where’s the promise from sea to shining sea…

Wherever this flag is flown.
Wherever this flag is flown.
Wherever this flag is flown.
We take care of our own.
Wherever this flag is flown.
We take care of our own.

 

 

 

 

3 thoughts on “« We Take Care Of Our Own », un manifeste politique signé Bruce Springsteen”

  1. * « We take care of our own » se traduit par « Nous-nous occupons de nous mêmes » (= esprit de liberté) et non pas par « Nous prenons soin des nôtres », ce qui impliquerait une entité en l’occurrence l’État américain qui prendrait soin des américains, ce qui me semble contraire à l’esprit de la chanson !

  2. Comme à son habitude (Hungry Heart, Dancing in the Dark, Waitin on a sunny day, etc.), Springsteen pose des paroles graves sur un air sautillant et empli d’alacrité (la basse est presque funky et les choeurs marshallow). En concert, la chanson sera sans doute interprétée de façon plus tendue et hurlée par le public – européen puisque Springsteen y est plus populaire-. L’intro serait très bien pour les entrées de candidats (Obama mais également chez nous)

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