Bruce Springsteen : un homme révolté au Théâtre Marigny de Paris

Malencontreusement absent de Paris à la date fatidique du 16 février 2012, l’animateur de ce blog n’a suivi que par internet la présentation par Bruce Springsteen à Paris, au Théâtre Marigny, de son nouvel album Wrecking Ball, à paraître le 5 mars.

Il semble de toute façon que la « blogosphère » ait largement été oubliée dans les invitations lancées par Sony, pour qui les médias se résument apparemment à la presse classique écrite et audiovisuelle.

En tout cas, les nombreux articles publiés depuis deux jours, notamment dans les Inrocks, le Monde, Télérama, le Figaro et le Daily Telegraph (les liens sont sur ma page ScoopIt) confirment le contenu très politique de cet album.

« Le rock et la colère vont souvent bien ensemble, a ainsi déclaré Bruce Springsteen. Une terrible crise financière sévit depuis quatre ans et personne n’est responsable, puni, mis en prison. Aux Etats-Unis, il n’y avait aucun mouvement pour protester contre ce gigantesque hold-up de la finance. J’ai écrit la chanson We take care of our own en 2009 pour dire qu’on devrait s’occuper plus de nous mais qu’on ne le fait pas. »

Bruce Springsteen fait l’éloge du mouvement Occupy Wall Street «qui a changé la conversation nationale». «D’un coup, les gens se sont mis à parler des inégalités économiques, pour la première fois depuis vingt ans! Et c’est comme ça que Newt Gingrich se met à traiter Mitt Romney de vautour capitaliste!»

Pour Springsteen, « une société ne peut pas être fractionnée à ce point, le bien-être des uns et des autres doit être relié. » Et il ajoute à propos de la chanson Wrecking Ball : «Parfois dans la vie, il faut tout démolir pour tout reconstruire à nouveau.» «Ma démarche a toujours consisté à évaluer la distance entre le rêve américain et sa réalité», affirme encore Bruce Springsteen.

Mais, si son message est plus politique que jamais, Bruce Springsteen refuse désormais le rôle de chanteur engagé. Interrogé sur son attitude par rapport à Barack Obama, il répond : «Je préfère rester en marge […]. Un artiste est supposé être le canari dans la mine, et on se porte mieux quand on prend ses distances par rapport au pouvoir.» Pour Springsteen, « le président Obama a fait beaucoup, il a sauvé General Motors, il a fait adopter la loi sur le système de santé, il a tué Oussama Ben Laden, ce qui était extrêmement important (…) On est sortis d’Irak, on va bientôt sortir d’Afghanistan. Mais j’aurais préféré un plus grand activisme en faveur de la création d’emplois, et plus d’aide en faveur des gens expulsés de leurs maisons.»

Au cours de cette conférence de presse, Bruce Springsteen s’est aussi exprimé sur les raisons personnelles qui l’ont conduit à cet engagement : « Le positionnement politique est lié à la psychologie de chacun qui est elle-même liée à l’enfance. Ma mère a bossé dur, mon père a souvent été au chômage ce qui l’a rendu très aigri. Le chômage désoriente, le travail structure, vous donne un but, une place dans la société. Ma colère vient de la situation de mon père, des conditions sociales de ma famille. »

Enfin, Bruce Springsteen a parlé en termes très émouvants de la disparition de Clarence Clemons : « Je l’ai connu à 22 ans, nous étions quasiment encore gamins. Notre amitié était chimique. Il m’a inspiré, m’a donné envie d’écrire des chansons. Perdre Clarence, c’est comme perdre la pluie ou l’air. Il faudrait un village entier pour le remplacer sur scène ! Nous aurons une section de cuivres, et son propre neveu au sax. » Mais la nostalgie n’empêche pas l’humour, car Bruce Springsteen conclut : « A force de remplacer les membres du E Street Band qui disparaissent, il va falloir que je pense moi aussi à me trouver bientôt un remplaçant ! »

Et la musique dans tout cela ? N’ayant pas eu la chance d’écouter l’album, je réserverai mon jugement. Mais les quelques « snippets » sonores présents dans la vidéo promotionnelle diffusée par Sony confirment ce que le single We Take Care Of Our Own laissait présager : cet album sera du Springsteen classique, sans fioritures ni innovation majeure. Mais wait and see…

Ci-dessous, la vidéo de Sony :

1 thought on “Bruce Springsteen : un homme révolté au Théâtre Marigny de Paris”

  1. J’étais présente au théatre Marigny et j’ai eu deux autographes ! Il est vraiment charmant ! Dommage que je n’ai pas pu récupérer mon marqueur avec lequel il a signé les autographes de chacun…

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