« Wrecking Ball » de Bruce Springsteen : des chansons pour la nouvelle dépression

Puisque l’intégralité de l’album Wrecking Ball de Bruce Springsteen a massivement « fuité » sur Internet deux semaines avant sa sortie officielle le 5 mars 2012, risquons nous au jeu des premières impressions…

Dès la première écoute, Wrecking Ball s’affirme comme un disque à la fois chaleureux et grave. Chaleureux grâce à son ambiance musicale qui, dans la lignée des Seeger Sessions, puise aux sources irlandaises de la musique populaire américaine. Grave de par les thèmes abordés, car cet album aurait pu être titré (comme un 33 tours de Bette Midler en 1976) Songs For The New Depression.

Par rapport à Magic et Working On A Dream, Wrecking Ball bénéficie d’un son discret et efficace. Oubliée, et c’est tant mieux, la surproduction de Brendan O’Brien !

D’emblée, quelques titres se détachent comme Jack Of All Trades ou This Depression qui, dans une tradition très springsteenienne, fait le lien entre la sphère personnelle et la sphère politique.

Car, comme la presse unanime l’a salué, Wrecking Ball est un disque de combat contre un système économico-financier dénoncé comme l’unique responsable de la crise. D’où un message qui (sous réserve d’écoute plus attentive des paroles) gagne en efficacité ce qu’il peut parfois perdre en nuances.

Mais bien sûr, il ne faut pas croire, comme certains journalistes confondant sans vergogne l’écrivain et le « narrateur », que Bruce Springsteen reprend à son compte cette phrase prononcée par le personnage de Jack Of All Trades : « If I had me a gun, I’d find the bastards and shoot ’em on sight ». De même, Bruce Springsteen n’approuve à coup sûr pas le « héros » de Easy Money qui achète un Smith & Wesson .38 pour faire un casse.

En réalité, les « stories » que Springsteen raconte dans cet album témoignent de la radicalisation des rapports sociaux que l’on constate tant aux Etats-Unis qu’en Europe, plus que d’une radicalisation de Springsteen lui-même. Car, depuis les années 70, le « Boss » a presque toujours préféré le rôle de commentateur, ou plutôt d’éclaireur social  à celui de chanteur engagé.

D’ailleurs, s’il soutient le mouvement Occupy Wall Street, Bruce Springsteen souhaite aussi (même s’il exclut une participation directe à sa campagne comme en 2008) la réélection de Barack Obama.

Pour en revenir aux chansons, on adore aussi les superbes versions studio de Wrecking Ball et Land Of Hope And Dreams (avec pour la dernière fois sans doute en enregistrement studio, le saxo de Clarence Clemons), ou encore les choeurs de Rocky Ground.

En résumé, Wrecking Ball est un album revigorant, qui se révèle plus profond à chaque écoute, et qu’on a hâte d’entendre, grâce à l’édition vinyle collector, dans un format sonore meilleur que le médiocre mp3 glané sur le net…

Les textes de l’album sont à découvrir sur le site springsteenlyrics.

 

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