Dans le « New Yorker », la rock-thérapie selon Bruce Springsteen

Dans le long article de David Remnick publié dans le New Yorker du 30 juillet 2012, Bruce Springsteen confie avoir eu des tentations suicidaires au début des années 1980.

Pour beaucoup de fans, l’information a constitué une sorte de choc : ce chanteur, qui leur apparaît au premier abord comme une force de la nature, se révèle être mal dans son peau, au point d’avoir envisagé de mettre fin à ses jours. Ainsi donc, l’image de costaud inoxydable et bodybuildé véhiculée pendant la période Born In The USA n’était qu’une illusion, ou la face « ensoleillée » d’un rocker à deux visages (voir le texte de Two Faces, titre de l’album Tunnel Of Love sorti en 1987). Ce côté sombre de Bruce Springsteen, qui s’exprime notamment dans les albums Nebraska ou The Ghost Of Tom Joad, trouve ses racines dans ce malaise existentiel, qui, comme le souligne son biographe Dave Marsh dans l’article du New Yorker, va bien au-delà du trouble classique de l’inconnu devenu superstar, hier méprisé, aujourd’hui adulé, se demandant si la valeur que lui accordent les autres tient à lui-même ou davantage à son rôle social, voire à son compte en banque.

Pour Dave Marsh, Bruce Springsteen souffre alors de « conflits internes sur sa propre valeur personnelle », liés notamment à sa relation depuis toujours difficile avec son père, qui s’était réfugié dans une « auto-isolation dépressive ». Pendant des années, il passe en voiture sans s’arrêter, parfois trois ou quatre fois par semaine, devant la maison de ses parents, à Freehold. Un comportement obsessionnel que le psychothérapeute qu’il a commencé à consulter en 1982 contribuera à éclaircir, ainsi que Bruce Springsteen le racontera quelques années plus tard sur scène en introduction à My Father’s House : « Quelque chose de mauvais est arrivé, et ce que vous cherchez à faire en revenant sur les lieux est d’essayer de réparer et de faire en sorte que les choses aillent bien de nouveau », lui dit le psy. « C’est ce que j’essaie de faire », répond Springsteen. « Eh bien, vous ne pouvez pas », lui réplique le psy.

C’est dans cette « peur pure, ce dégout de lui-même et cette haine de soi » (selon ses propres termes cités par le New Yorker) que Bruce Springsteen a trouvé alors, en ce début des années 1980, la force de se produire sur scène pendant près de 4 heures (déjà…). « Il jouait aussi longtemps non seulement pour ravir le  public, mais aussi pour se consumer lui-même. Sur scène, il laissait la vraie vie de côté », explique Remnick. « Sur scène, il y a une incroyable incitation à l’effacement de soi, mais aussi une formidable façon de se trouver soi-même », précise Springsteen.

Ainsi donc, Bruce Springsteen a utilisé (et utilise toujours) ses concerts comme un moyen de conjurer ses démons intérieurs, de faire taire « toutes ces voix dans sa tête », bref comme une forme d’autothérapie psychologique. Et c’est en se « soignant » lui-même qu’il trouve la force d’aider les autres – ses fans et son public en général – à mieux supporter les difficultés de la vie et leurs propres angoisses. A l’instar du Boss, chaque spectateur met à profit ses concerts pour tenter d’oublier ses problèmes, mais aussi pour trouver des pistes afin de les surmonter.

Pour autant, Bruce Springsteen ne joue jamais au gourou ou au maître penser. Dans une démarche très zen, il se contente de semer des petits cailloux dans nos esprits à travers les textes de ses chansons ou ses histoires dont il a le secret.

Et vous, de quelle façon le « thérapeute » Bruce Springsteen vous aide-t-il à vivre ? Vos témoignages sont les bienvenus !

Vous pouvez visionner une interview de David Remnick dans le talk-show de Charlie Rose en cliquant ici.

Le texte intégral de l’article de David Remnick est à lire ici sur le site du New Yorker. On peut commander le numéro ici sur le site de Backstreets.

 

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