Et si Bruce Springsteen n’avait jamais enregistré « Born To Run » ?

Imaginez un univers parallèle où Columbia, du fait de l’insuccès de ses deux premiers albums, Greetings From Asbury Park et The Wild, The Innocent And The Street Shuffle, avait refusé de sortir le 3e 33 tours de Bruce Springsteen, Born To Run, qui allait lancer spectaculairement sa carrière en 1975…

Bruce Springsteen aurait vécu de petits boulots, tout en donnant parfois des concerts le samedi soir dans les clubs de la Jersey Shore et se présentant plusieurs fois sans succès à la mairie de Freehold. Cependant, dans un pays lointain (disons au hasard la Nouvelle-Zélande), ses deux premiers albums, copiés sur cassettes puis faisant l’objet d’éditions pirates en disques vinyles, allaient se vendre à des centaines de milliers d’exemplaires, sans que le chanteur du New Jersey (en ces temps où l’internet n’existait pas) en soit informé. Là bas, aux antipodes, Santa Ana et Growing Up étaient devenus les hymnes de la génération post 68…

Puis un jour, dans les années 90, un fan néo-zélandais nommé Brad Springfield avait réussi à retrouver la trace de Bruce Springsteen qui zonait du côté d’Asbury Park et, avec quelques complices, l’avait fait venir à Auckland pour un concert en 1998. Ses disques allaient alors être réédités aux Etats-Unis et en Europe, dans une indifférence relative, tandis que quelques extraits d’un mythique troisième album commençaient à circuler…

Mais il allait falloir attendre 2012, avec la sortie d’un documentaire, Searching For The Boss, pour que Bruce Springsteen devienne une vedette…

Cette histoire vous évoque peut-être le film Jean-Philippe, où, dans un monde parallèle, Jean-Philippe Smet, faute de succès au début des années 60 sous le nom de Johnny Hallyday, avait repris son patronyme d’origine et était devenu patron d’un bowling. Un film dont une rumeur avait annoncé un remake américain, avec… Bruce Springsteen dans le rôle principal.

Elle est en fait à peu de choses près, en remplaçant le New Jersey par Detroit et la Nouvelle-Zélande par l’Afrique du Sud, celle de Sixto Rodriguez. Après le flop total de ses deux premiers albums, Cold Fact et Coming From Reality, au tournant des années 70, cet auteur-compositeur de haut niveau était tombé dans l’oubli… sauf en Afrique du Sud.

Ne manquez pas le passionnant documentaire, Sugar Man, qui raconte cette incroyable histoire… et a (re)lancé sa carrière, puisque ses disques se vendent comme des petits pains et qu’après une date à la Cigale, vite sold-out, Rodriguez sera le 5 juin prochain au Zénith !

En voyant le film, son interview sur le site de Time, ou en écoutant ses chansons, dites-vous que Bruce Springsteen l’a peut-être échappé belle !

 

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