L’élection de Donald Trump va-t-elle faire retomber Bruce Springsteen dans la dépression ?

Force est de se rendre à l’évidence : la participation de Bruce Springsteen à un meeting de soutien à Hillary Clinton à Philadelphie la veille du scrutin n’a pas empêché la Pennsylvanie de tomber dans l’escarcelle de Donald Trump.

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On peut donc se demander, comme je le faisais déjà sur ce blog le jour de ce meeting, si les soutiens de stars, fussent-elles aussi respectées tant chez les démocrates que chez les républicains que Bruce Springsteen, servent à quoi que ce soit dans le choix des électeurs. Et même si ces appuis n’auraient pas été contre-productifs dans ce cas précis, dans la mesure où ils accréditaient l’idée selon laquelle Hillary Clinton était la candidate des « élites médiatiques ».

Même si le message de soutien à Hillary Clinton prononcé par Bruce Springsteen était sans ambiguité, il est aussi légitime de s’interroger sur le caractère tardif de l’engagement de Bruce Springsteen en faveur de la candidate démocrate. De toute évidence, Hillary Clinton ne suscitait pas, chez le Boss comme dans l’opinion américaine, le même enthousiasme que Barack Obama. Son manque d’empathie, de « human touch », comme dirait Springsteen, et les révélations de Wikileaks sur la Fondation Clinton y sont à coup sûr pour quelque chose.

Bien plus, quand on relit la dernière phrase du speech de Bruce Springsteen, on peut se demander s’il n’avait pas, comme Michael Moore dès juillet, anticipé la victoire de Donald Trump. Jugez plutôt :

Let’s all do our part so we can look back at 2016 and say we stood with Hillary Clinton on the right side of history. That’s why I’m standing here with you tonight, for the dream of a better America.

Dans la même optique, le choix des chansons interprétées à Philadelphie est pour le moins curieux. Pas de Born In The USA ni de Land Of Hopes And Dreams, mais une setlist aux tonalités dépressives : Thunder Road (la présidence Trump riche en coups de tonnerre ?), Long Walk Home (le destin d’Hillary Clinton après sa défaite ?) et Dancing In The Dark (l’état de l’Amérique après cette élection ?).

Espérons que l’élection de Donald Trump n’est pas en train de faire tomber Bruce Springsteen (qui n’a rien tweeté ni posté sur son site depuis le 8 novembre) dans l’une de ces crises de dépression qu’il évoque dans son autobiographie Born To Run (éditions Albin Michel).

Alors, rappelons-lui, comme aux millions de personnes en France, aux Etats-Unis et dans le monde que l’accession de Donald Trump à la Maison Blanche consterne, qu’Hillary Clinton, malgré tous ses défauts, a obtenu quelque 250 000 voix de plus que son adversaire, et que celui-ci ne doit son élection qu’au système anti-démocratique des grands électeurs.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Vos avis sont les bienvenus !

 

 

2 thoughts on “L’élection de Donald Trump va-t-elle faire retomber Bruce Springsteen dans la dépression ?”

  1. Setlist assez curieuse en effet. Thunder Road (acoustique) finit bien les concerts, c’est une chanson d’introduction et d’invitation de BTR, mais n’avait pas grand chose à faire dans ce soutien aussi sincère qu’impuissant à retourner l’opinion . Land of Hope and Dreams aurait été préférable, mais les dés étaient déjà jetés depuis longtemps … l’espoir et les rêves étaient du côté de l’Amérique profonde des électeurs de Trump (et de ses grands électeurs).

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