« Western Stars » de Bruce Springsteen, bande originale d’un western imaginaire

En découvrant l’album Western Stars de Bruce Springsteen (sorti ce 14 juin 2019), on a pensé à un titre chanté à Woodstock en 1969 par le groupe Mountain (figurant dans l’album Woodstock 2), et dont Wikipedia nous apprend que la paternité revient à un autre Bruce (Jack de son prénom, membre du légendaire groupe Cream) et à Pete Brown : Theme for an Imaginary Western.

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Cet album est en effet à coup sûr le plus « cinématographique » parmi les 19 33 tours studio publiés à ce jour par Bruce Springsteen. Sur les pas d’un John Ford ou d’un Monte Hellman (dont le film Macadam à Deux Voies, Two Lane Blacktop en v.o., avec James Taylor et Dennis Wilson, est l’un de ses préférés), le Boss nous emmène à travers un Ouest américain correspondant non pas à la réalité de 2019, mais à l’image que nous en ont donnée les films et les disques des années 50 à 70. Un Wild West largement imaginaire à la visite duquel Bruce Springsteen nous conduit dans sa « Belle américaine » du clip de Hello Sunshine. A première vue, tous les clichés de la mythologie de l’Ouest sont au rendez-vous, des chevaux sauvages de la pochette (et du titre Chasin’ Wild Horses) aux bars (le Sleepy Joe’s Café et celui de la vidéo de Western Stars) en passant par le Moonlight Motel et le Tucson Train. Toutefois, l’écriture fine et l’art mélodique de Bruce Springsteen transcendent l’imagerie westernienne et font de cet album le disque le plus cohérent et le plus abouti depuis The Rising (2002).

Sur Twitter et Facebook, j’avais écrit un peu vite que Western Stars était peut-être le meilleur album de Springsteen depuis Tunnel Of Love (1987), oubliant au passage The Rising et Ghost of Tom Joad. Les deux disques (WS et TOL) ont cependant en commun leur climat nostalgique et low key, contrastant avec l’ambiance survoltée des concerts avec le E Street Band, et une ambiance sonore très élaborée (dont on se rend pleinement compte pour Tunnel Of Love à l’écoute de son édition remastérisée en vinyle dans le coffret The Album Collection vol. II). Et comme je l’ai lu quelque part sur les « réseaux », le clip de Western Stars évoque celui de One Step Up !

A l’écoute de ce disque très « country and western » à la production somptueuse, certains se demanderont à coup sûr (comme on le faisait lors de certains errements discographiques de Johnny Hallyday) quand Bruce Springsteen va de nouveau enfin « chanter le rock and roll ». De ce point de vue, ils peuvent être rassurés puisqu’un disque et une tournée avec le E Street Band sont dans les tuyaux.

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En attendant, ils auraient tort de ne pas se pencher sur cet album, qui, comme ceux de ses inspirateurs (dont Michka Assayas esquisse la généalogie dans un excellent numéro de Very Good Trip sur France Inter) tels que Lee Hazelwood, Glen Campbell, Jimmy Webb, Roy Orbison, sans oublier bien sûr Brian Wilson, se caractérise par un mélange unique de joie et de tristesse. Une sorte de Schadenfreude à la californienne…

Alors, il ne nous reste plus qu’à fermer les yeux et à écouter Western Stars comme la bande originale d’un film que chacun de nous peut imaginer à partir des « petits cailloux » semés à travers les vidéos comme celle du titre qui donne son nom à l’album, que voici ci-dessous.

Et maintenant, vos avis sur Western Stars sont les bienvenus…

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